Très chère Maman,
J'm'excuse tout d'abord de n'pas t'avoir écris plus tôt mais la guerre ne m'laisse aucun répis, aucun. Et le soir, lorsque j'vais pour dormir, j'pense à t'écrir, mais à trop remettre à plus tard, j'ny vois plus les jours passer. Mon séjour au front m'semble interminable, tout comme les kilomètres qui nous sépar, mais sache que j'pense à toi constamment. Le froid de l'hiver me tue peu à peu, mais j'remercie Dieu d'avoir survécu jusqu'ici. Voila, c'est sur ce lit d'hopital que j't'écris aujourd'hui, côtes et jambes cassées, pour m'excuser auprés de toi. Mon Dieu...J'ai tant de chose à m'faire pardoner. L'horrible m'a fais réfléchir, mais j'ai honte de moi. Honte de me rendre compte que tu compte aprés avoir vu toutes ces choses affreuses. Maman j'ai peur, j'ai vu mes collègues, amis aussi se faire fusillé devant mes yeux, et... et je n'aie rien put faire! Pas même un pas pour les aider! Oui j'ai peur maman, peur de la mort,aussi, peur de te perdre. Et malgrés tout il y'a toujours cette lueur d'espoire au fond de moi, et j'persiste à croire qu'aprés la guerre y'aura la paix.
Mais jai cette sensation incessante, l'impression de t'avoir nier pendant toute ces années, celle aussi de n'être que le résultat de vingt et un printemps de simple gachi, de regrets et de déception. Tu es la plus belle des femmes à mes yeux, même si rares sont les fois où j'te l'rapel, nul n'a d'égual que ta boté. Ton sourir reflète encor dans mes yeux scintillants lorsque j'évoque le passé et ses souvenirs. Le soir, avant de m'endormir j'revois la douceur et la tendresse de ton visage, ainsi, j'me laisse berçé par la mélancolie du passé. Et tout semble si magnifique, si loin de la réalité, c'est sa...Loin de tout enfait.
Le docteur dis qu'il ne me reste que quelques semaines à vivre, et qu'il n'ya pour seul remède, que la prière. Mais moi j'sais maman, et j'en suis persuadé, que si j'revois ton si beau visage une dernière fois, cela metterais fin à mes souffrances, même les plus atroces.
Passionément, ton fils dévoué.
Boutaïna.